De passage dans la Rioja il y a peu, le MVS a pu découvrir la somptueuse propriété de La Dinastia Vivanco. Cette propriété ouvre ses portes, au pied de la ville de Briones, dans la région de la Rioja Alta, en Espagne, avec une partie dédiée à la production viticole, accolée à une seconde réservée à un musée du vin, le tout groupé et relié en son hall d’entrée par un magasin souvenir. Vous l’avez compris. Ici l’activité oenotouristique touche son comble.

En son point central se situe l’entrée de la propriété. Un bassin à débordement, pouvant symboliser un bassin de jus de raisin contraste avec le paysage alentour, mis en relief entre hauteurs  et  étendues de vignes.

La question de l’oenotourisme est au cœur de ce voyage. Avec le programme opérationnel « Communauté autonome de la Rioja » engagé pour la période 2007-2013 par l’Union Européenne (65 millions d’euros) pour relancer la compétitivité et l’emploi de la région en Espagne, nous sommes à l’avènement aujourd’hui d’une Rioja moderne, riche architecturalement parlant, et oeno-touristiquement incontournable.

 

Prenons l’exemple de ce musée du vin que nous allons revisiter dans les quelques lignes qui suivent.

Dès les premiers pas dans ce musée de 9000m2, vous êtes aspirés par l’univers historique vinicole. Novice, amateur, connaisseur, professionnel… ce monde se livre à vous en toute simplicité. Du numérique à l’authenticité, des racines à l’industrie, une histoire commence et s’étend sur 5 salles consécutives.

Tant d’informations brutes, pourtant si claires à la fois, concentrées et explicitées, pour une fois, à la portée du visiteur : nous sommes ici pour beaucoup dans l’Eldorado du monde du vin. Le monde du vin en profondeur, sur quelques notes  hispaniques, en finesse toujours, à l’échelle mondiale toutefois, et dans la longueur plaisante d’une simple visite.

Faute de n’avoir pu nous y installer en bons passionnés tombés dans un artifice d’informations, nous y avons tout de même passé quelques bonnes heures indispensables, que les quelques lignes qui vont suivre tentent donc de résumer, de façon non exhaustive.

Des siècles de travail : dès son arrivée dans la première salle, le visiteur est plongé dans le passé.

De nombreuses charrettes à l’anciennes, d’innombrable machines pour les vendanges d’antan, pour un décor de suite impressionnant qui pose le contexte : la culture de la vigne et du vin c’est avant toute chose des siècles et des siècles de travail. Le parcours retranscrit d’abord la naissance des premiers vins de raisin : on entame ici un voyage ludique dans les racines de la Mésopotamie, la Grèce antique, l’Egypte et le développement progressif d’un breuvage issu du raisin.

Tellement ludique peut-on dire que des pages et des pages d’encyclopédies sont retranscrites par le visuel : en passant d’une carte à un écran tactile par-ci, d’un décor à l’autre par là, sans oublier le soutien de nombreuses pièces d’origines, tailleuses, cisailles…

Asseyez vous un peu plus loin, devant des écrans géants, pour pouvoir apprécier maintenant le cycle de la vigne, à travers les saisons. La qualité minutieuse des photographies et le soin apporté aux vidéos vous feront vibrer à l’allure de la floraison, dans la nature de la véraison et jusqu’à la larme de la vigne. Viennent ensuite les vendanges.

Et si vous viviez la vinification à la place du raisin ?

Quelques  schémas sous formes de dessins feront comprendre aisément aux visiteurs le processus de vinification en rouges, en blancs et en rosé. Quelques pas plus loin 5 écrans plats hautes définition, vous plongent dans la peau d’un raisin pour vous faire subir les différentes opérations de cette vinification.

Imaginez-vous être un grain de raisin. A travers la pellicule de celui-ci, vous pourriez vous  offrir le luxe de porter un regard depuis l’intérieur même de la vinification, voir le vigneron vous fouler, vous déverser dans une cuve, depuis laquelle aucune opération de vinification ne serait alors plus un secret à vos yeux, de la macération à la fermentation, du pigeage au remontage. Votre regard de jus de raisin maintenant ne pourra jamais aussi bien être décrit ou expliqué qu’en regardant ce montage vidéo. Par l’image et le son, le langage du vin s’énonce clairement, et se comprend encore mieux.

 

 

 

Des cœurs de métiers associés : le vin et tellement plus !

Vous quittez maintenant l’univers de la vigne et du vin – pour comprendre que le monde du vin –  est aussi  celui du verre,  du liège, du chêne et de l’acier. Prenez place paisiblement sur un banc. Vous admirez la projection d’un film qui vous transporte au côté de tonneliers, qui au prix de patience et de sueur vous montreront avec fierté la difficulté de leur métier, les dangers, les exigences. Ainsi de suite s’offre à vous les univers des bouchonniers, du travail des arbres aux techniques les plus récentes de l’industrie moderne ; comme celui du verrier en train de souffler la bouteille de vin, objet d’ailleurs qui se trouve devant vos yeux, et les évolutions technologiques apportées par le travail de grande échelle.

Découvrez tous les types et noms de bouteilles du monde, explorez l’invention de l’imprimerie et des techniques modernes de création d’étiquettes. Le vin et l’homme ont bel et bien avancés côtes à côtes.

 

Le vin : entre parfumerie aromatique et art moderne

Cette partie du musée commence par un écran tactile qui a permis aux étudiants du MVS de vérifier ses connaissances en dégustation : en associant un arôme à un type de vin, à un cépage ou encore à sa couleur. Ici il s’agit du Sephora viticole : prenez une mouillette en carton et découvrez le monde des senteurs aromatiques que cachent les cépages, les barriques, et les vins. Aviez-vous déjà vécu cela ?

Avant de s’inscrire dans un registre purement artistique, la salle de vieillissement sous sa forme d’arène aux nombreux piliers, offre en spectacle 5000 fûts de chênes, harmonieusement disposés pour théâtraliser l’importance du vieillissement, et faisant vaguement penser à la beauté du château Lafite Rothschild qui en son antre cache une salle assez similaire.

C’est donc Picasso, Miro, Barcelo…et de nombreux autres artistes, qui donnent fin à la visite.

Que retenir sinon l’envie de recommencer le tour ? Des images à couper le souffle et des histoires à garder pour toujours. Comme par exemple l’anecdote espagnole du @, à l’origine latine et issue du castillan Arrova. Pour les curieux, reconnue en Espagne depuis 1088 comme unité de mesure (poids), une arobe équivalait à 25 livres espagnoles, soit 11,5 kg. Ce logogramme avait été désigné par soucis de simplicité comme séparateur pour les adresses électronique, par l’inventeur même du courrier électronique, Ray Tomlinson, en 1971. Une parenthèse pourtant parmi tant d’autres, de la richesse et de la culture.

Art et passion, tradition et sensations, modernité et rêve, un patrimoine classé numéro un des recueils d’informations dans le patrimoine culturel du vin par l’UNESCO en 2007. En résumé, si vous passez dans la région, la visite de ce musée est incontournable.

On ne pourra pas reprocher aux Espagnols d’avoir de l’avance sur d’autres vignobles du monde viticole, au moins en ce qui concerne l’art de communiquer cette passion commune qu’est le vin.

Plus d’informations :

 Auteur : Pierre-Olivier Rives

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